Cette nuit-là, un bruit étrange te réveille : un tintement léger, comme des grelots agités très loin, ou comme du verre qui s'entrechoque tout doucement. Tu ouvres un œil, puis les deux. Tu attends, immobile sous la couette, persuadé que ça va s'arrêter. Mais le bruit continue, patient, régulier.
Tu repousses la couette et tu vas à la fenêtre, le carrelage froid sous tes pieds. Et là, tu remarques quelque chose d'absolument impossible : il manque des étoiles dans le ciel. De grands trous noirs s'ouvrent là où elles brillaient hier soir encore. On dirait un sourire à qui il manque plusieurs dents.
Tu te frottes les yeux. Tu comptes les trous : un, deux, trois, et peut-être un quatrième plus loin. Le ciel a l'air blessé, incomplet, et ça te serre un peu le cœur sans que tu saches pourquoi.
Le tintement recommence, plus net cette fois, et tu es sûr d'une chose : il ne vient pas du dehors, mais de l'intérieur. De quelque part dans la maison qui dort... ou peut-être du jardin, juste en dessous. Tu hésites une seconde, le cœur battant, puis tu décides d'aller voir.
Où vas-tu chercher en premier ?


