Ce matin, il y a un cartableLe sac qu'on porte sur le dos pour emporter ses affaires à l'école. tout neuf sur la chaise de Nino. Il est bleu, il sent le plastique, et il est presque aussi grand que Nino. Dedans, il n'y a rien du tout. Enfin, presque rien.
Parce que Nino a glissé son doudou tout au fond, sous le goûter. « Il ne faut pas qu'on le voie, chuchote-t-il. Mais il faut qu'il soit là. » Maman fait oui de la tête, et elle ne dit rien à personne.
Devant l'école, il y a beaucoup de bruit, beaucoup de parents et beaucoup de petits qui tiennent une main très fort. Nino tient celle de Maman très fort aussi. Peut-être même un peu trop fort.
La maîtresseLa grande personne qui s'occupe des enfants et leur apprend des choses à l'école. s'appelle Salomé. Elle s'accroupit pour être à la hauteur de Nino et elle dit : « Bonjour Nino. Tu veux entrer avec moi, ou tu préfères encore une minute ? » Nino réfléchit. « Encore une minute. » « D'accord », dit Salomé.
Une minute, c'est court. Mais c'est déjà mieux que tout de suite. Quand elle est finie, Nino lâche la main de Maman, tout doucement, un doigt après l'autre.
Dedans, il y a des tables minuscules, un tapis rond, et une boîte pleine de voitures. Il y a aussi une petite fille qui pleure, et Nino lui prête une voiture rouge sans rien dire, parce qu'il sait exactement ce qu'elle ressent.
L'après-midi, dans la cour, sous le préauLa partie couverte de la cour, où on peut jouer même quand il pleut., Nino ouvre son cartableLe sac qu'on porte sur le dos pour emporter ses affaires à l'école. pour vérifier. Le doudou est là, entre le goûter et la boîte à mouchoirs, exactement où il l'avait mis.
Le soir, Maman demande : « Tu as sorti ton doudou ? » Nino réfléchit et fait non de la tête. Il n'en a pas eu besoin. Mais savoir qu'il était là, tout au fond, ça l'a aidé toute la journée.
Fin de l'histoire, bonne nuit.




