Ce matin, dans la cuisine, papa prépare un gâteau au chocolat. Farine, œufs, beurre, chocolat fondu. Il verse la pâte dans le moule et ouvre le four.
« NON ! » La pâte vient de parler. Papa cligne des yeux. « Pardon ? »
« Je ne veux pas cuire ! dit le gâteau. Il fait beaucoup trop chaud là-dedans ! »
Papa réfléchit. C'est la première fois qu'un gâteau lui répond. « Mais... si tu ne cuis pas, tu resteras de la pâte toute ta vie. »
« Et alors ? La pâte, c'est délicieux ! » Papa est d'accord, la pâte crue, c'est très bon. Mais il a promis un gâteau pour le goûter.
Alors papa a une idée. Il approche le moule de la fenêtre. « Regarde. Tu vois les enfants qui rentrent de l'école ? À quatre heures, ils vont chercher quelque chose de moelleux, de chaud, qui sent bon le chocolat. Quelque chose qui rend tout le monde heureux. Ça, seul un gâteau cuit peut le faire. »
Le gâteau réfléchit avec toutes ses pépites. Être mangé en cachette à la cuillère, ou être le héros du goûter ? « Bon, d'accord, soupire-t-il. Mais à une condition : tu mets une bougie dessus. Même si ce n'est l'anniversaire de personne. Je veux faire mon entrée comme une star. »
Et c'est ainsi que ce mercredi-là, au goûter, on chanta « joyeux anniversaire » à personne, devant le gâteau le plus fier et le plus moelleux du monde.
Fin de l'histoire, bonne nuit.


