Ce soir, Papa Ours est assis dans le noir, tout au bout du fauteuil. Il ne dit rien du tout et il ne bouge presque pas. D'habitude, il raconte des histoires. D'habitude, il fait des voix rigolotes et il se trompe exprès. Pas ce soir.
Petit Ours s'approche sans faire de bruit, sur la pointe des pattes. « Papa, tu es grognonDe mauvaise humeur, qui répond avec une petite voix fâchée. ? »
« Non, mon ourson. Je suis juste fatigué. » Papa Ours pousse un très gros soupirUn grand souffle qui sort tout seul quand on est fatigué ou triste., long comme un soir d'hiver. Petit Ours s'assoit par terre, contre le fauteuil, et réfléchit très fort. Il connaît bien ce genre de soir.
Quand lui est triste, maman fait quelque chose de magique. Elle ne parle pas. Elle ne pose pas de questions. Elle ne dit même pas que ça va passer.
Alors Petit Ours grimpe sur le fauteuil, une patte après l'autre, tout doucement pour ne pas déranger. Il pose sa tête contre l'épauleLe haut du bras, juste à côté du cou : un endroit parfait pour poser sa tête. de Papa Ours, juste là où la fourrure est la plus douce et la plus chaude.
Et il fait un câlin. Un long, long câlin d'ourson, avec les deux bras, en serrant aussi fort qu'il peut.
Papa Ours ne dit toujours rien. Mais ses épauleLe haut du bras, juste à côté du cou : un endroit parfait pour poser sa tête.s redescendent, tout doucement, comme la neige qui glisse d'une branche. Et puis il sourit un peu, dans le noir, et pose sa grosse patte sur le dos de Petit Ours. « Merci, mon ourson. »
Petit Ours est content. On n'a pas besoin d'être grand, ni de trouver les bons mots, pour consoler quelqu'un.
Fin de l'histoire, bonne nuit.




