Hulotte le hibouUn oiseau de nuit avec de grands yeux ronds, qui dort le jour. a un travail très important, le plus important de toute la forêt. Chaque soir, elle compte les étoiles. Elle se pose sur sa brancheLe grand bras de bois d'un arbre, sur lequel les oiseaux se posent. préférée, celle qui craque un peu quand elle bouge, et elle regarde le grand ciel noir.
« Une, deux, trois... » Les étoiles sortent doucement, une par une, comme des petites lampes qu'on allume dans les maisons.
« Dix, onze, douze... » En bas, la forêt s'endort. Le ruisseau parle tout seul et les feuilles ne bougent presque plus. « Vingt, vingt et une, vingt-deux... » Le vent passe entre les arbres. Hulotte remonte ses plumes bien serrées autour de son cou.
« Trente-cinq, trente-six... » Une chauve-souris la salue en passant, la tête à l'envers. Hulotte ne répond pas : quand on compte, on ne parle pas.
« Quarante-huit, quarante-neuf, cinquante... » Ses paupières deviennent lourdes comme deux gros cailloux de rivière. « Cinquante-huit... cinquante-neuf... soixante... » Sa voix devient toute petite.
Elle bâilleOuvrir grand la bouche sans faire exprès, quand on a très sommeil. un grand bâillement de hibouUn oiseau de nuit avec de grands yeux ronds, qui dort le jour., si grand qu'on voit tout au fond de son bec.
« Soixante et un... soixante... euh... soixante quelque chose... » Elle a déjà oublié où elle en était. Et hop, Hulotte s'endort sur sa brancheLe grand bras de bois d'un arbre, sur lequel les oiseaux se posent., la tête rentrée dans les plumes, une patte repliée sous elle.
Demain soir, elle recommencera à une. Certaines choses sont trop grandes pour être finies, et c'est très bien : elles nous font de beaux rêves toutes les nuits.
Fin de l'histoire, bonne nuit.




